Depuis qu’il a tourné le dos à la coalition au pouvoir ('était le 22août 2013) grâce à laquelle il est aujourd’hui Président de l’Assemblée Nationale, les spéculations vont bon train au Niger. D’aucuns disent : « il va démissionner » ; « ils ne peuvent rien contre lui » ; « ils vont lui faire une motion de défiance ». De tout cela, rien n’est arrivé au PAN. Tout est dit sur sa personnalité à fin de démontrer sa suprématie, son poids et ses magouilles politiques au pays. Hama Amadou est imperturbable, affirme ses partisans. Mais comme disent les hausa « seul Dieu connait la grand-mère d’un âne ». Autrement dit, nul ne connait de quoi se fera le future. Avec son divorce politique, il profite paisiblement de son poste présidentielle jusqu'à cette date, malgré les brimades et autres insultes proférées directement ou indirectement à l’égard du parti rose ,de Issoufou, et tous ceux qui le soutiennent. Pour LUMANA et une partie de l’opposition nigérienne, le plus grand péché de l’homme de Dan Dadji (village natale du président Issoufou du Niger) c’est d’avoir initié le gouvernement d’union nationale. Mais, l’homme le plus Niamaeyen des Niameyens oubli vite l’histoire. Car, sans le soutien de Issoufou, en ce temps chef de fil de l’opposition, Hama serait dévoré par l’ambition tazartiste de Tanja et oublié du reste du monde. L’ancien et puissant première ministre du président Tanja (Pendant la 5e république), aurait dû tirer les leçons de la motion de censure voté par « cette majorité sans âme » à l’assemblée nationale. Le « Maradona » de la politique au Niger devenu maladroit, a manqué de savoir qu’on ne récolte que ce qu’on a semé. L’homme de Youri, a tellement fait du mal aux gens que, personne n’est surpris quand le Vieux l’a conduit à la prison de Koutoukalé que lui-même avait fait construire. Et aujourd’hui, son coup tordu contre la stabilité, la cohésion nationale et le système guri ne fait que se retourner contre lui. Hama + comme l’appellent ses détracteurs, a connu bien des heures de gloires au Niger. Il a été l’homme politique le plus écouté et le plus envié de l’entourage du vieux Tanja. Nul n’ose le contredire.
Aujourd’hui c’est peut-être sa déchéance qui s’annonce inéluctablement. Car, comme le disait mon ami Ali Boda : « tout apogée a un déclin ». Depuis qu’il a quitté la mouvance présidence pour des raisons que beaucoup qualifiaient de fallacieuses, Hama n’a pas cessé de provoquer, de narguer en prouvant à la majorité son incapacité à le débarquer du perçoire pour reprendre ses propres mots. Il est vraiment un homme des coups durs ! Un manipulateur. Ses partisans défilent sur les ondes des médias nationaux et internationaux (qui leur sont favorables) à chaque fois que l’occasion se présente, pour fustiger les « séquestrations et autres mauvais traitements » que inflige Zaki à leur président du parti.
Une source, proche de la justice m’a fait savoir que, Hama ne laisse pas des traces. Dans toutes les affaires bigles antérieures l’impliquant, sa culpabilité a été rarement établie. Mais cette fois, l’immunité parlementaire derrière laquelle se cache notre acrobate ne lui sert à rien, vu les accusations portées à son nom. Ils sont accusés lui et sa 2e épouse d’achat ou de trafique de bébé. Hadjia Aminatou n’a pas pu tout maîtriser du côté sournois de son époux. L’affaire des bébés importés dont leur implication ne souffre d’aucune ambiguïté discrédite toutes leurs 2 familles. Dimachi (et fille unique d’un chef traditionnel dans la région de Tahoua) comme l’appelle sa maman, croupit depuis avec les autres prévenus dans les différentes maisons d’arrêt du pays. Nonobstant ses abois, à démontrer aux yeux du monde que, tout cela relève de la machination politique orchestrée par les hommes de l’ombre du GURI SYSTEME, les preuves accablantes que détiennent la justice et les services de renseignements ne peuvent pas l’innocenter. Voilà une affaire louche et inhumaine que Hama n’a pas pu effacer les traces. Et alors pourquoi ?
C’est pourquoi, vu la gravité de la situation, le bureau de l’assemblée nationale a usé de l’article 88 de constitution de la 7e république du Niger pour lever l'immunité de son président ce jour mercredi 27 août 2014. A vous donc les interprétations.
Art. 88 : Les membres de l'Assemblée nationale jouissent de l'immunité parlementaire. Aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou des votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions. Sauf cas de flagrant délit, aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière correctionnelle ou criminelle qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale. Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu'avec l'autorisation du bureau de l'Assemblée nationale, sauf cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnations définitives. Extrait de constitution 7eme république du Niger P.14
A l’heure où nous mettons cet article en ligne des rumeurs courent dans tous les pays que Hama est en fuite pour le Burkina Faso une destination désormais peu sûr.